Samedi 7 novembre 2009
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Débordant d'énergie que je ne sais contenir j'appuie mes envies et mes désirs sur mon art, et je crie, je parle. Cela devient clairement certain: je souffre de logorrhée.
Je parle je parle je parle et je parle, encore toujours, de manière continuelle, il me faut exprimer ce que je suis, qui je suis et les autres choses ne sont rien. Je fais les choses parce que je
veux les faire, je ne me donne aucune limite, si je veux faire une chose, comme atteindre les étoiles, les nuages de Mars, aussi sombres et inquiétants que beaux et terribles.
Et dans toute cette agitation la musique retentit, comme dans la nuit le hullulement du hiboux qui est déjà prêt à fondre sur sa proie, pauvre petit animal qui ne se doute de rien, pensant qu'à
la protection de la nuit aucun prédateur ne pourra lui faire de mal. C'était sans compter sur le mal qui habite dans les forêts et une énergie se manifeste, l'animal a peur, la musique des ailes
du hiboux se fait entendre, il pousse son cri de guerre et attrape le pauvre animal dans sa frêle tranquilité.
Débordant d'énergie, je cours partout, sans savoir où je vais, il me faut faire s'échapper cette énergie insupportable que d'autres peuvent envier, cette énergie qui me fatigue, mais qui tout de
même continue de me pousser vers les bords fragiles de la folie.
J'essaie de retracer le mouvement imperceptible de mon esprit qui dans les chambres de mon inconscient essait toujours de trouver une porte vers cette folie, je revois par quels chemins je suis
passé de la naïveté à une exagération délibérée de ce que je suis, un mouvement perpetuel que nul ne peut arrêter, j'essaie de me représenter le schéma mental qui compose mon existence, qui fait
de moi ce que je suis et dans un murmure je m'entend dire: il n'y a pas d'issue, continue d'avancer. Rester où tu es te tuera, reculer te fera souffrir, avancer est la seule solution.
Alors, débordant d'énergie, je me noie dans un flot de paroles, esclaves de ma folie, de ma folie naissante, les parasites qui conquérants de mon esprit ne connaissent jamais de trêve sont
toujours là, aggripés à des résidus de moi-même qui ne demandent qu'à rester ce qu'ils sont, mais esquissant un sourire, je me dis qu'il faudrait que je m'y abandonne totalement, ainsi je
n'aurais plus aucune barrière pour m'empêcher de prendre de l'avance, et ainsi libéré et heureux je serais en mesure de réduire l'écart qui me sépare de ma folie, peut-être qu'il me sera possible
de m'en rendre maître.
Je serais alors ce hiboux de la nuit, bravant toute peur, fou à lié, mais étant trop fort pour tout lien existant, prêt à tomber sur les gens pour leur expliquer la vie, tel que je la vois, tel
qu'elle est pour moi, je serais le metteur en scène du spectacle de leur vie, et sans sourciller un seul instant je pourrais me dire que cette folie qui se sera emparée de moi aura bien fait son
travail, ma mutation sera complète et je pourrais ainsi m'exprimer des plus librement.