Lundi 14 septembre 2009
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Une chose me tracasse lorsque l'on regarde les commentaires que les gens font au sujet de l'oeuvre d'artistes.
Avant c'était mieux, je préfère ce qu'il faisait avant, maintenant c'est mauvais, leur nouvelle production ce n'est plus eux...
Autant de phrases assassines que je ne préfèrerais pas lire à leur place. La question est de savoir ce qu'on aime chez des artistes, ce que l'on attend de ce qu'ils ont à nous donner. Aime-t-on
l'artiste ou bien simplement une de ses oeuvres ? Et par la suite, attendons-nous qu'ils fassent toujours la même chose ?
Je pense que la vraie admiration que l'on peut exercer envers un artiste ne doit pas se limiter à simplement une partie de l'oeuvre. Si l'on aime vraiment un artiste, c'est l'évolution de sa
pensée qu'il faut prendre en compte et voir combien son travail change, évolue et se manifeste. Il est complétement stupide de vouloir qu'un artiste fasse toujours la même chose, d'autant que
très vite cela serait critiquée.
Prenons deux exemples modernes: Quentin Tarantino et Muse.
Pour le premier comme pour le second, on peut dire que dès leur deuxième "production" ils ont fait une "erreur": celle de trop bien faire, de toucher trop de monde. Bien sûr, je ne pense pas ce
que je dis, mais le fait d'avoir donner, et je dis bien donner, au public un film comme Pulp Fiction ou un album comme Origin of Symmetry leur a fait autant de tort pour leur avenir que de
plaisir pour nous au moment de la reception de ces objets culturels.
Je m'explique.
Les gens dans leur peu d'analyse qu'ils portent en général sur les choses ont tellement pris pour eux, comme marqueur d'un temps, d'une génération, ce film et cet album, ils les ont établis comme
symbole d'un temps qui leur est propre, ils se sont tellement laisser séduire par ces objets qu'ils ont par leur marque d'amour quasi absolu condamné d'avance les productions futures des artistes
qu'ils aiment tant.
Ainsi, si des films comme Boulevard de la mort et plus récemment Inglorious Basterds étaient sortis avant Pulp Fiction, ils auraient été intouchable aux yeux du public, pourtant ce n'est pas le
cas aujourd'hui. Ces films sont victimes de leur grand frère, et la faute ne revient pas à Papa Quentin, qui fait tout simplement travailler son art comme il le doit et avec un talent que
personne ne peut lui enlever. Parce que si Tarantino continue de faire des films, comme beaucoup ne pense, la qualité ne cesse pas d'augmenter, et si les gens ont été séduit par l'expérimentation
géniale dont il avait fait preuve avec Pulp Fiction, ils ne sont pas d'accord pour le voir expérimenter encore, ils auraient sans doute voulu voir des films toujours dans le même style de Pulp
Fiction sans aller chercher plus loin.
Mais le propre des grands artistes est qu'ils vont toujours chercher plus loin.
La chose est encore différente pour Muse, rattaché au rock'n'roll, à une passion plus vive encore que le cinéma, les gens achètent de la musique et la consomment plus facilement que le
cinéma.
Et le problème est qu'ils consomment la musique comme un menu Big Mac au McDonald. Une fois qu'ils ont trouvé ce qu'ils aiment, ils ne cherchent plus la nouveauté et se complaisent dans ce qui
les rassurent. Muse a excité les foules avec deux premiers albums sensiblement équivalents par leur contenu, ils ont capté l'attention de toute une jeunesse. Ils se sont retrouvé dans les envies
de ce jeune groupe anglais, qui faisaient la musique de leur âge.
Le problème étant, comme pour tous les très grands groupes anglais, qu'avec l'âge et la maturité, ils font évoluer leur musique de façon considérable. De la noirceur et la rudesse des débuts, ils
ont su glisser vers d'autres contrées musicales, au plus grand plaisir des supporters qui ont évolué dans le même sens qu'eux, ou qui ont vu le travail et non pas les apparences premières. Si le
dernier album se voit tant secoué par de trop nombreuses critiques pour la plupart du temps creuses, c'est qu'il tranche à mon avis plus que jamais avec ce que le groupe avait fait jusqu'à
présent. Et c'est ça qui est bon !
Et c'est ça qui est bon !
Comme le dit Handke, une fois que l'on a trouvé un moyen d'exprimer quelque chose, on ne peut plus réutiliser ce moyen car il devient alors usé et n'aura plus la magie du premier moment.
L'artiste doit alors sans cesse renouveller son langage pour que son art évolue, et il ne doit pas se cantonner à une réussite première, car alors il deviendra commercial.
Heureusement que Tarantino n'explore par toujours avec le même humour le même univers de mafieux foireux, et heureusement que Muse ne fait plus toujours la même musique noir et sombre
d'adolescent suicidaire tourmenté par la mort et l'amour.
Avec l'âge et les expériences de la vie les choses changent, les gens changent et si l'art existe c'est pour permettre aux artistes d'exprimer cet état de fait de la condition humaine.