Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 18:59
Le Désir

Le désir, ou cette chose étrange qui semble avoir élue domicile dans notre coeur. Aïe, ça fait mal, je ne sais plus ce qui peux encore arriver de pire. Le désir, ce puissant moteur qui active des actions que l'on aurait pourtant préférées ne pas faire. Je désire donc je peux vivre. Encore une déviation de ces désirs.


1. Le désir naît des sens, la vue, puis l'ouïe, l'odeur, le toucher et peut-être le goût, si à nos fins nous parvenons. Désir dépent donc de ses amis sensuels s'il en est. Je désire parce que je vois l'objet de mon amour, parce que je l'entend ou que j'en ai entendu parler. Quelqu'un m'a dit tant de bien de cette charmante créature que déjà, j'ai le désir de la rencontrer parce que je me doute que j'aurais le désir d'explorer mes cinqs sens. J'entend parler d'une pièce de théâtre, quelqu'un l'a vu, entendu, c'est presque certain, et peut-être même touché. Le bien qu'on en dit est tel que je veux voir de quoi il en retourne. Je désire tant et si fort que je vais tout mettre en oeuvre pour voir cette pièce, et peut-être cette charmante créature sera elle là avec nous.

2. Le désir va me pousser à toutes sortes de choses dont la seule pensée m'aurait fait hurler de rire quelques temps avant. Le désir pousse à l'action, sans trop y réflechir, nous nous laissons pousser, nous sommes complices de nous-mêmes. Je vais faire des choses inconsidérées pour charmer la charmante, pour faire du théâtre, pour vivre avec ce désir qui demande tant de nourriture qu'il va me falloir travailler dur pour le rassasier. La raison se passe de domicile quand en un coeur le désir choisit son lieu de résidence. Elle perd alors tout son pouvoir, Désir accaparant tout instant de vie, le coeur ne se tourne que vers cet objet trop fou pour quiconque. Désir devient alors un mal malgré lui, il voudrait tant de la vie, mais l'absence de l'objet du désir rompant tout contact avec la réalité la tristesse s'empare du quotidien.

3. Le désir sans répondant fait tout aussi mal qu'une vie sans désir. Cette absence nourrit un sentiment d'inachevé qui gangrène le corps et l'esprit de la personne, si bien que cet objet de désir devient objet de fatigue et symbole d'une faiblesse qui est en nous. Je veux. Je veux. Je veux. C'est alors une lithanie que l'on ne peut s'empêcher de se dire sans cesse. Je veux cet objet de désir, j'aime le théâtre, la chose est certaine, j'en ai besoin, il faut que je vois ce spectacle dont tout le monde parle, justement parce que tout le monde l'a vu, mais aussi, parce qu'il a été aimé, je ne veux pas être étranger à ce bonheur. Je désire voir cette pièce, au même titre que je désire rencontrer cette créature charmante dont tout le monde me parle.

4. Le désir naît par ce raisonnement dans une certaine partie de mon rapport communicant avec tout le monde, toute personne qui entretient une relation communicante avec moi. Cette personne a vu, entendu, senti, touché et ou goûté quelque chose qui m'est étranger et je veux faire tout ce qui est possible pour que cela ne soit plus simplement un désir premier mais une réalité, soit un désir vivant.
Par Ivan Deschamps - Publié dans : Fragments d'un discours amoureux (du théâtre)
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /2009 21:56
L'attente

L'attente est ce moment de non-existence physique de l'amour, il ne se consomme qu'en pensée, je fais du moment de l'attente un temps d'imagination qui va venir nourrir l'instant fatidique, soit de manière équilibrée, soit avec une gloutonnerie toute condamnable. L'attente peut être bonne ou terriblement mauvaise.


1. L'attente nourrit le désir de l'être aimé, nourrit le désir du moment de spectacle, nous y pensons toute la journée, et quand nous rentrons le soir chez nous, elle est là, le spectacle se précise quand nous saluons l'ouvreuse, et l'attente devient alors de plus en plus présente, la chose va se passer, nous embrassons autant l'être aimé que les paroles des comédiens. Roméo qui attend sa Juliette brûle sa patience et par la même occasion sa vie, et tout le drame se trouve ainsi dévoilé: l'attente brûlante et passionnée risque de nous priver de la joie de l'instant, de faire perdre toutes les richesses de ses goûts aux fruits de l'amour. Trop attendre de l'objet nous donne à nous le reconstruire nous-même, dans un procès d'intention, je vais m'imaginer dans une construction mécanique régit uniquement par ma propre volonté et ainsi perdre ma connection avec la réalité.

2. Attendre sans pression est la clé du succès. Le spectacle est déjà fait quoique j'en pense. Je n'y peux rien c'est un fait. L'être aimé s'est déjà construit sans moi, ce que j'en pense pour le moment ne pourra rien y changer, le reste est pour la suite. Si j'attend étant sûr de mon amour, aimant aussi les surprises que cela implique, le bonheur sera plus grand, et mes yeux pourront plus facilement s'ouvrir sur d'autres choses que je n'aurais pas cru atteignables avant. Pourquoi j'aime cette personne alors que tout le monde pense qu'elle est quelconque ? Mais pourquoi ce texte et cette mise en scène ont touché ma personne alors que les autres ont visiblement tout perdu de ce que j'ai trouvé ? Quelles attentes avaient-ils ? Sans doute le problème est qu'ils avaient des attentes. La question n'est pas sans intelligence.

3. Peut-être nous faut-il arrêter d'attendre et vivre comme si tout était déjà pour nous. C'est un rêve qui pourrait éteindre l'agonie de l'attente, resserant notre coeur, le théâtre peut arriver à cela, l'amour est sans conteste plus fort, et donc par ce fait, plus dur à canaliser. J'attend parce que l'objet de mon amour m'est innaccessible pour le moment. Je veux l'avoir alors je l'attend, je veux qu'il soit là avec moi, alors dans l'attente, je me le reconstruis, c'est inévitable, et cela conduit à de trop nombreux excès. J'attend pour continuer à vivre l'objet de mon amour, même s'il n'est pas là, parce que je n'ai rien d'autre pour occuper mon esprit.
Par Ivan Deschamps - Publié dans : Fragments d'un discours amoureux (du théâtre)
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /2009 21:54
Pardonnez-moi d'écrire si peu, bien que je doute de l'assiduité du nombre zéro de lecteur à venir ici, mais par souci d'honnêteté, je préfère le dire, je n'ai pas eu le temps d'écrire ici ces dernières journées, qui sont devenues semaines par la force du temps.

Je vais tout faire pour changer cela, dans un sens plus positif cette fois.

De la rigueur. Par pitié.
Par Ivan Deschamps
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /2009 21:50
Je ne saurais que trop recommander la lecture de ce livre à quiconque aime Matisse, à quiconque aime Aragon, à quiconque aime simplement. Et pourtant je ne donnerais aucune citation, il ne sert à rien, il faudrait recopier l'ouvrage dans son entier pour le citer, rien ne manque, tout est dit, et la sensation physique d'être à la place des émotions d'Aragon en face du sujet Matisse est criante de force et de vigueur.

Rien d'autre de comparable fait par l'Homme n'a été donné à ma vue et mon coeur depuis que je suis en âge de ressentir les choses.

Merci à tous ceux qui oeuvrent pour nous faire vivre ce genre de vie, et que j'espère suivre leurs pas dignement.
Par Ivan Deschamps
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 09:16
L'entretien

Déclaration: forme de dialogue qui ne porte pas sur l'aveu de l'amour que je porte au théâtre, mais sur la relation silencieuse que nous entretenons. Je parle du théâtre pour l'aimer encore plus, je lui déclare ma flamme quand j'en parle avec les autres.

1. Parler du théâtre c'est le montrer à toucher aux autres, voir à lui-même pour qu'il prenne conscience du pourquoi de mon amour pour lui. Je parle du théâtre comme je touche la peau de l'être aimer, cela me conforte dans ma passion, mais je lui montre aussi le désir qui m'habite. Ainsi quand le poète dit à sa muse dans une de ses odes qu'il écrit parce qu'il l'aime, il témoigne non seulement de son amour pour la personne physique mais surtout pour la poésie. Il entretient ainsi une double relation, plus précisément une relation pour une personne par l'intermédiaire de la poésie. Je parle donc du théâtre à quelqu'un, je parle du théâtre au théâtre pour me conforter dans ma pensée que la langue que j'utilise est assez communiquante mais aussi et surtout pour faire la démonstration que dans cette relation le théâtre m'apporte beaucoup pour devenir meilleur.

2. Dans le rapport amoureux, le dialogue permet de montrer à l'autre qu'il compte pour nous et que nous l'écoutons. Nous parlons pour montrer que nous donnons une grande valeur à ce qui nous est dit. Je dis une chose pour faire changer l'autre de telle sorte que je l'aimerais encore plus. Je vais de plus en plus au théâtre parce qu'il me fera changer dans un sens que je n'aurais pu imaginer, je donne ainsi à l'objet aimé le pouvoir de travailler en moi pour en faire quelqu'un d'autre. Je vais au théâtre pour toucher au plus près ce qu'il peut me donner. Lire du théâtre c'est comme lire la lettre de l'être aimé, la sensation à la lecture devient peu à peu dévorante, elle laisse la place à de l'impatience, qui conduira à la mise en oeuvre de tout ce qui est possible pour rejoindre l'être aimé.

3. J'entretiens un rapport de dialogue au sujet du théâtre mais aussi avec le théâtre pour nourrir cette amour qui nous lie, mais aussi pour nous faire changer; de la même manière que deux amants s'écrivent et se parlent pour finalement ne faire plus qu'un.
Par Ivan Deschamps - Publié dans : Fragments d'un discours amoureux (du théâtre)
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